Transformation profonde de la stratégie de mobilité : quels apports concrets ?
Repenser la hiérarchie des modes et réduire la place de la voiture
L’un des enjeux structurants du RER métropolitain est de bousculer la hiérarchie historique des modes de déplacement à Toulouse. Jusqu’ici, le réseau de transports collectifs toulousain reposait principalement sur le métro, limité au centre-ville, et le bus, avec ses faiblesses en matière de régularité sur les axes encombrés. Le RER permet de :
- Connecter efficacement les faubourgs, villes moyennes et zones d’activités (Labège, Basso Cambo, Blagnac, Colomiers…)
- Désengorger les principaux axes routiers structurants, comme la rocade avec ses pics dépassant les 160 000 véhicules/jour (SDEHG, 2022)
- Offrir une alternative fiable pour les trajets quotidiens de plus de 10 km, là où le vélo ou le bus restent limités
Vers une intermodalité plus fluide
Le vrai défi réside dans la capacité à créer des articulations fonctionnelles avec les autres modes : parkings-relais, vélo-stations, pôles d’échanges intermodaux connectés aux lignes de bus, métro et future ligne C. Le Contrat de plan Etat-Région 2023-2027 prévoit ainsi un investissement de près de 486 millions d’euros spécifiquement pour les pôles d’échanges (Préfecture Occitanie, 2023).
| Ligne existante (TER) |
Fréquence actuelle (h.pointe) |
Fréquence RER visée (h.pointe 2030) |
| Toulouse-Muret |
3 trains/h |
4 à 6 trains/h |
| Toulouse-Colomiers |
2 trains/h |
4 trains/h |
| Toulouse-Saint Sulpice |
2 trains/h |
4 trains/h |
(Source : SNCF Réseau, 2023)
Impact environnemental et inclusion sociale
Chaque trajet substitué à la voiture individuelle génère en médiane une économie de 0,15 à 0,2 kg de CO₂ par km (Ademe, 2023). Selon Tisséo, si 20 % des flux pendulaires étaient captés par le RER à l’horizon 2030, cela représenterait un recul significatif des émissions de CO₂, de l'ordre de 30 000 tonnes/an – l’équivalent des émissions annuelles d’une commune de 4 000 habitants.
Le dimensionnement du réseau, avec une desserte fine des bourgs périurbains jusqu’ici peu reliés (Portet, Castelnau, Montbartier…), pose aussi un enjeu fort d’équité sociale, dans une aire urbaine où l’accès au travail reste un facteur de précarité majeure.