Quels leviers pour une densification soutenable ?
Sortir de la caricature implique d’imaginer, à l’échelle de Toulouse et de sa métropole, des scénarios de densification différenciée. Les outils existent, mais sont-ils suffisamment mobilisés et acceptés ?
Exploiter le potentiel des friches et dents creuses
Selon l’Observatoire des espaces vacants, près de 250 hectares de friches ont été recensés dans la métropole toulousaine (Toulouse Métropole, 2023). Réhabiliter d’anciennes usines ou casernes, produire du logement sur d’anciens terrains en friche, c’est limiter la pression sur les terres naturelles – et offrir une nouvelle vie à des quartiers parfois enclavés. Cette stratégie a fait ses preuves à Bordeaux ou à Nantes, où certains quartiers naguère industriels ont muté en centralités urbaines dynamiques (cf. l’île de Nantes).
Oser la densité douce
La « densité douce » (villas groupées, maisons de ville mitoyennes, petits collectifs de trois étages) intéresse de plus en plus les aménageurs car elle rompt avec l’opposition stérile entre centre dense et périphérie étalée. D’après le PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture), ces formes permettent des densités de 35 à 50 logements/ha, contre 15 à 25 dans le pavillonnaire classique – sans renoncer aux jardins ni à l’intimité (Urbanisme, n°414, 2019).
On peut citer l’initiative du quartier Guillaumet à Toulouse : sur 13 hectares, ce projet prévoit des formes variées, allant du petit collectif à l’habitat participatif, en conservant 2 hectares d’espace vert ouvert. L’objectif : conjuguer intensité urbaine, cadre de vie et préservation de la biodiversité.
Rénover et surélever plutôt que démolir
La réhabilitation du bâti existant recèle un gisement considérable. Dans certains ensembles des « Trente Glorieuses », la surélévation ou division verticale permettent d’ajouter des logements sans empiéter sur le sol. La ville de Paris s’est fixé l’objectif de 20 000 logements créés par surélévation d’ici 2030. Toulouse expérimente cette voie, notamment dans les faubourgs. C’est une opportunité pour les copropriétés comme pour la collectivité – à condition de gérer la question de la structure, des vues et du stationnement.