Quel scénario pour Toulouse à horizon 2030 ?
La mobilisation financière commence à suivre : Toulouse Métropole a porté en 2023 son “plan vélo” à 80 millions d’euros jusqu’à 2026, soit une multiplication par 3 du budget annuel par rapport à 2016 (source : Conseil de Toulouse Métropole, 2023). Mais longtemps fragmentaire, la politique vélo doit gagner en cohérence territoriale :
- Un réseau cyclable métropolitain à haute qualité d’usage de 200 km en 2030 (objectif affiché, Mairie de Toulouse)
- Un plan action-vélo pour tous les établissements scolaires (sûreté, stationnement, formation à la mobilité, trajets accompagnés)
- L’expérimentation de corridors cyclables express et continus, à l’image du “Réseau Vélo Express” d’Île-de-France ou du “Ring Vélo” de Strasbourg
Derrière la question de la sécurité des cyclistes s’esquisse, en vérité, un choix de société. Les aménagements en faveur du vélo ne bénéficient pas qu’aux cyclistes : ils sécurisent tout autant les déplacements piétons, structurent des espaces partagés plus vivants et moins bruyants, et dessinent une “ville de la proximité” plus résiliente face aux crises énergétiques et climatiques.
Les marges de manœuvre existent : la conquête d’une “ville cyclable” suppose de dépasser l’empilement des dispositifs pour penser un véritable réseau, cohérent, lisible et adapté à tous les usagers. L’exemple des villes qui ont su faire basculer leur culture de mobilité (Copenhague, Séville, Anvers…) illustre qu’à quelques années d’échelle, des transformations profondes sont possibles – à condition d’en faire, sans ambiguïté, une priorité politique et une ambition partagée.