La fin du dogme du “toujours plus” : pourquoi s’intéresser à l’existant ?
Le paysage urbain toulousain, comme dans la plupart des grandes métropoles françaises, a longtemps été modelé par l’expansion et la construction neuve. Entre 2010 et 2020, Toulouse Métropole a vu sa population croître d’environ 1,5 % par an, devenant la troisième ville la plus dynamique de France (Insee, 2023). Cette attractivité nourrit une pression continue à l’urbanisation. Pourtant, cette stratégie de “croissance par l’étalement” connaît ses limites : artificialisation des sols, épuisement des ressources, émissions de gaz à effet de serre, conflits d’usages fonciers.
Le secteur du bâtiment représente à lui seul près de 45 % de la consommation énergétique nationale et près de 25 % des émissions de CO₂ en France (Ministère de la Transition écologique, 2023). On estime également que plus de 80 % des bâtiments qui existeront en 2050 sont déjà construits aujourd’hui (Ademe). Face à ces constats, la rénovation et la transformation du parc existant émergent comme leviers incontournables pour concilier aspirations urbaines, transition écologique et coût social de la ville.
C’est aussi une question d’identité de la "Ville Rose" : valoriser l’héritage, réduire l’obsolescence, ouvrir de nouveaux usages plutôt que démolir et construire à neuf.