Les capteurs connectés et la data mobilité : vers une observation fine et continue
La gestion fine du trafic commence par la captation massive de données. Depuis les années 2010, les villes européennes ont fortement accru leur réseau de capteurs urbains. Lyon, par exemple, a multiplié par cinq le nombre de points de collecte entre 2012 et 2022 (Métropole de Lyon). Mais plus encore que la quantité, c’est la diversité des capteurs qui compte :
- Capteurs de comptage de véhicules installés sur la chaussée
- Caméras d’analyse d’image couplées à des IA de reconnaissance
- Capteurs atmosphériques pour croiser trafic et qualité de l’air
- Objets connectés embarqués dans les bus, vélos ou véhicules particuliers (par exemple les GPS partagés avec la collectivité via des conventions anonymisées)
Cette data mobilité, enrichie par l’open data de plus en plus exigé dans les marchés publics, fournit une matière vivante pour comprendre les “points noirs” de congestion, les flux intermodaux (passages bus/vélo/voiture) ou les pratiques émergentes (ex : nouveaux usages du télétravail observés dans les quartiers périphériques post-covid). Toulouse Métropole, avec son plan Mobilités 2020-2030, ambitionne de doubler le volume de données accessibles d’ici 2025.
Mais cette stratégie génère aussi de nouveaux enjeux liés à la cybersécurité et à la protection de la vie privée, comme l’a souligné la CNIL en 2021 suite à la généralisation des caméras “intelligentes” à Nice et à Marseille (CNIL).